Owen Pallett, le dimanche 21 Mars.
J’aurais voulu écrire l’histoire de ce garçon aux lunettes rafistolées qui part en stop vers l’est, direction la Mongolie, avec une fille blonde qu’il vient de rencontrer mais qui, déjà, fait s’envoler ses angoisses, au profit de ses fantasmes de liberté. Mais je ne sais parler que de moi, et à chaque fois ça gâche tout. Pas ce soir, oh non pas ce soir ! Bien sûr Il y’a la fatigue, mais finir le week-end avec Owen Pallett, c’est comme goûter le meilleur des desserts après un repas qu’on croyait exquis. J’adore, c’est évident, j’attends ça depuis le début. Entre temps on a fini par l’oublier, ou par le relativiser, et le voilà, il arrive, il est étincelant, sans pour autant avoir l’air grandiose, il est génial puisqu’on sait d’où ça vient.
La réponse c’est le cœur, et sa liberté c’est de laisser s’exprimer chacune de ses émotions, chacune de ses inspirations. Naïvement, j’ajouterais : c’est de le faire sans se préoccuper des conséquences. Ce garçon qui a jeté une boulette de papier voulait juste se rendre au Maroc avec Owen Pallett. Mais une boulette de papier lancée de 10 mètres ça fait peur, surtout en plein concert, alors il a fui. J’ai hurlé, supplié les êtres autour de moi de ne pas laisser tomber, car le combat valait la peine, qu’il reviendrait forcément, et qu’on aurait des vies supplémentaires. Je n’avais pas vu Game s’inscrire sur le verre gauche de mes lunettes, ni Over sur le droit. La liberté du cœur c’est les prémices du bonheur d’espérer.
Je me suis senti comme un poisson dans l’eau. Pour certains, danser sur cette musique douce et lyrique est inconcevable, mais c’est véritablement une façon personnelle d’apprécier la musique, la vivre et aussi montrer mon approbation. Autrement dit, je peux danser sur Owen Pallett, car je peux ne pas danser sur Justice. La magie de la musique ! Et les incantations d’Owen Pallett ont eu le dessus ! Je ne me suis pas débattu, j’ai bien senti que mon âme se faisait enlever par une force invisible, mais je ne bronchais pas, tout ce que je pouvais faire : m’agripper à mon propre corps, et sangloter en souriant.
Entre larmes et pas de danse, faux semblants de facilité et orfèvrerie ultra risquée. Entre solo violon/voix de nos premiers émois, et puissants univers torturés et sombres, toujours bouleversants, c’est un Monde sans limite, et pourtant un Monde défini. Un Monde dans lequel on sait que tout peut s’effondrer, de la faute de quelqu’un ou de personne, et au sein duquel on se sent bien puisque tout peut être vécu, expérimenté, et ressenti. Dès la seconde chanson du concert, This Is The Dream Of Win & Regine, j’ai eu cette pensée. Elle ne m’a pas préoccupé bien longtemps puisque j’étais persuadé que je tenais là un des concerts de cette année, le meilleur, car celui qui voudra se battre devra avoir des bras de spartiate. Y croire serait une pure folie, cela reviendrait à dire « cette année sera ma dernière année de lucidité », et en même temps, après un concert comme celui-ci, on se dit qu’on a ouvert une nouvelle fenêtre, une baie vitrée sur le Monde, et c’est le printemps qui nous caresse.


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Si quelqu’un a des photos du concert, il peut en envoyer quelques unes ici : [email protected]
Merci !
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