Le Cœur Meurtri de Charly Lazer

Le Cœur Meurtri de Charly Lazer

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Je me vois, pourquoi pas dans un cottage, membre d’une collocation géante, avec des filles, des garçons, des instruments à cordes, des percussions et des synthétiseurs analogiques. C’est la fin du printemps et nous partons dans les champs voisins. Forcément nous possédons des câbles Jack et XLR super longs, pour ne pas dire éternels, et un mur d’amplis Sovtek et Hiwatt. On joue à 160 db, ce qui peut faire brûler tes cheveux, mais à un kilomètre ce son est volupté, coup de foudre et de génie. La durée entre mon doigt qui se pose sur la touche et l’arrivée d’un son dans ma vagabonde cervelle équivaut à un aller-retour Shanghai-Portland en soucoupe volante hypersonique. En réalité, plutôt que de composer sans relâche la bande-son de demain, je me roule dans l’herbe avec toi, je mange des bonbons soucoupes, et j’aspire la poudre sur ta clavicule. The Pains Of Being Pure At Heart est un groupe de flemmards romantiques qui distillent dans l’air un passionnant poison et une pluie de questions inopportunes : Est-ce de bon goût ? Pourquoi je me dandine comme un poisson ? Suis-je un naze ? Cette chanson était –elle niaise et bateau ? Ils ne l’ont pas déjà jouée celle là ? Pourquoi n’y a-t-il pas de bal de promo en France ? Est-ce que le concept de bal promo n’aurait pas été invité par Hollywood ? Plus qu’un revival twee-pop shoegazy, ces 5 américains nostalgiques, la compilation C-86 qu’ils ont usée dans la voiture de papa-maman sur la route des vacances à Long Island, et anachroniques, cf. le film The Patriot avec M. Gibson, sont en fait le college-band de mes rêves. Georges Mcfly + la chemise de D. Bowie dans Labyrinth + Un type qu’ils ont rencontré hier et qui connaît toutes les parties de guitare + une fille qui aime le cassis et voue un culte obscur au groupe français Cassius = Sourire magique. Avec le recul, j’en oublierais presque la déception, au profit de l’esprit d’évasion qui survole sous la forme d’un condor mon cœur meurtri, blessé, saccagé comme un hibou après un concert d’Amen Ra. J’ai honte de me caricaturer dans le pathos. J’ai besoin d’une musique nouvelle. Je prends une horloge et je remonte le temps. Tu Fawning est la première partie. J’arrive à l’heure. A l’endroit comme à l’envers, elle est reine de la nuit.

Morale