La Bière, ça ne tâche pas...

La Bière, ça ne tâche pas...

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Milieu de semaine. Il y a foule. Tous là, venus pour la même chose et en même temps si différents. Ça parle fort, vite, je me rapproche. J’aime écouter les conversations des gens. Suis-je pour autant indiscrète ? Non, mais tout simplement, comme tout le monde, j’aime glaner des bribes de mots, de phrases et imaginer toute une histoire. Au bout de quelques instants, on réussit à prendre la « température » du lieu. Des groupes, plus ou moins grands, se forment. Il y a ceux qui viennent en couple, en famille, en bandes de copains ou comme moi avec une copine pour le concert.

Un rassemblement plus important se détache : mêmes attitudes, alertes certes, mais l’air soucieux de subir l’attente, bras levés, ils hurlent des mots brefs et précis, sésames qui donnent droits à la collation tant attendu. Le bar est en effet un endroit stratégique qui permet rencontres impromptus, échanges verbaux animés, retrouvailles plus ou moins heureuses et même disparitions subites de compagnons qui occasionnent alors quelques beaux torticolis. Certains, à l’aise, investissent les lieux clefs du domaine, devenu, au fil du temps, un peu le leur ; d’autres, encore maladroits, tiennent leur gobelet à la manière d’un flambeau, pourfendant la foule, mais, tremblant, ils frôlent à tout moment la catastrophe. Mais après tout, pour en avoir moi-même souvent renversé puis souvent reçu, je peux bien vous faire cette confidence : la bière ça n’ tâche pas !

L’air de rien, on s’apprivoise. Chacun marque son territoire et même les fumeurs les plus assidus refoulent parfois leurs envies au plus profond d’eux-mêmes afin de garder leurs marques si chèrement acquises. Paix aux poumons des non fumeurs qui nous gardent les places à l’intérieur, on se retrouve dans une cour pour échanger nos goudrons, agents de texture, de saveurs et autres conservateurs. La proximité entraîne la promiscuité qui entraîne la fraternité et voilà comment on crée du lien social !

Mes yeux voyagent… ici, une trace noire sur le dos d’une main, là une tâche plus effacée mais mon regard s’accélère et scanne les corps de plus en plus en mouvements. Je repère les caches de ces précieux passes qui permettent des sorties provisoires. Le mien est sur l’arrière du poignet…demain, je bosse, pas envie d’expliquer ma soirée à mes collègues. Je pense d’ailleurs à tous ceux qui, comme moi, le lendemain auront le souvenir échauffé d’un bon moment, tous, sans se connaître, unis, par la marque ‘délébile’, à une même envie musicale.

Sons, rythmes, lumières, ambiance, sueur, sourires entendus, surprises sensorielles,…. Pour cette partie, chacun a sa propre expérience, une histoire particulière à retracer, intime et différente à chaque fois….

C’est la fin, difficile de rentrer chez soi, embrumée par les dernières essences musicales.

On refait un peu le concert, dernière clope et basta. Good bye nostalgie, septembre, rentrée musicale, je vais reprendre mon abonnement annuel.

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1 Message

  • La Bière, ça ne tâche pas... 28 septembre 2009 13:40, par vodtilem

    la bière cela ne tâche pas mais cela vous fait tituber. Lorsque le concert est décevant j’ai tendance à m’approcher du bar pour me noyer dans la mousse. Parfois c’est une première partie improbable qui me fait risquer le pari de quitter la salle pour carrément oublier l’artiste principal si la bière n’arrête pas de couler à temps.

    L’aéronef est un objet volant et moi je tangue souvent ... parce que l’on se sent un peu seul quand personne n’est là pour comprendre que le dernier kristin hersh est formidable, que le bouquin de william t vollman vaut vraiment la peine d’être lu.

    A défaut d’interlocuteur, je me fraie un passage vers la scène et essaie de penser à des rencontres improbables qui n’ont jamais lieu

    heureusement il reste la musique avant la gueule de bois

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