CHARIA LAZER, PAR CHARLY LAZER

CHARIA LAZER, PAR CHARLY LAZER

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CHARIA LAZER

Ça fait bizarre de voir une de ses idoles signer des autographes. A l’instar d’un Cedric Bixler-Zavala (At-The-Drive-In, The Mars Volta) ou de Dennis Lyxzen (Refused, The International Noise Conspiracy), Alec Empire d’Atari Teenage Riot est un personnage énigmatique. Il me fait craquer, et sa carrière semble semée d’embûches. Il y’a ses côtés noise vomitifs et ses fraîches intrusions proto-new wave. Il y’a ses discours anti-drogue aussi. Je reste là à le regarder, et je souris bêtement. Il est temps de partir.

Ça fait du bien de fermer les yeux et sentir Bastien taper des fleurs sur ma peau. Arrivée, Jus de mangue, déshabillage en règle, opération à cœur ouvert, scalpel dans les cheveux, plume coiffant à rebrousse-poil, CX Kidtronic draguant la fille qui m’accompagne. Tang fait partie de ces groupes qui savent frapper au bon moment, là où on a besoin, mais là aussi où tout sensibles que nous sommes, nous n’osons réclamer les caresses et la violence nécessaires.

Le set de Tang fut d’une intensité rare. Probable que la richesse de la scène hardcore, si seulement je puis les y glisser, est invisible à cause des groupes aussi originaux qu’un M&M’s jaune qui y pullulent, mais je crois sincèrement qu’il y’a un public, une envie d’en finir, d’en découdre, une façon nouvelle de s’aimer les uns les autres (message originel du Christ ET du Hardcore). Nous présentant ici quelques extraits de leur prochain album, Dynamite Drug Diamond, les quatre prouvent qu’il y’a toujours une marge, une profondeur inexploitée, et même si on songe ci et là aux nuances d’Envy, à la violence émotionnelle de Thursday, le style Tang existe. C’est un univers puissant au sein duquel les émotions belles et tragiques nous tombent dessus comme le déluge d’une pluie d’automne, sans les maladies, la fièvre et les vomissements du lendemain, mais avec le sentiment de liberté.

Après m’être entretenu avec l’emo-girl de mes rêves au fond d’un diabolo pêche, dans un tête-à-tête volant sur les ovnis, les condors, l’anéantissement de la planète terre par un pois chiche giga-chanceux, plus rien n’a vraiment de sens. Surtout pas le hip-hop hardcore. Atari Teenage Riot mettent un temps fou à se montrer et même quand tombent les spotlights, ils n’arrivent en fait que 10 minutes après. Niveau son ça ressemble d’abord à un retour forcé de l’electro turbine façon Steve Aoki, Boys Noize et consorts, puis peu à peu on plonge aux racines : la bonne vieille electro clash, le hardcore digital, l’esprit punk de leurs débuts. Pour une fois, on évite des discours politiques poussifs au profit de la fête, même si CX nous lâche ses petits "Fuck The Police", je regarde un type au cheveux courts à côté de moi, et je me dis qu’ il y’a sûrement, à l’intérieur de ce pogo géant comme un vagin en plein orgasme, un gardien de la paix. Comment fait-il pour ne pas se sentir blessé ?

Danser est une catharsis, elle consiste à suivre un rythme pour s’oublier et ne mérite alors aucune punition (contrairement à la drogue qui nécessite de l’argent et pas mal de lâcheté). C’est rare de voir pareille folle ambiance dans un lieu "institutionnel" (retour vers le futur : direction le 5 avril 2011, Dan Deacon au Grand Mix) et même si pour certains tout est trop calculé, si c’est de la fausse violence, j’ai envie de jouir de ce que je vois, et je me laisse porter. Petite Pute de démocratie.